Aller de l’avant en faisant alliance avec son corps

Aller de l’avant, relever un défi personnel, atteindre un objectif qu’on s’est préalablement fixé. Comme améliorer quelque chose en nous, dans notre vie ou bien sur un plan plus corporel ou physique : se lancer dans une nouvelle activité, avoir une meilleure qualité de vie au travail ou bien en changer, fluidifier ses relations ou prendre ses distances, faire grandir une relation affective ou se séparer, avoir moins peur, se sentir plus libre, plus détendu, mieux respirer, mieux bouger… C’est une situation que vivent beaucoup d’entre nous. Par besoin, par nécessité ou pour satisfaire un désir, une envie profonde. Dans ce cas, la volonté ou l’envie sont les premiers des atouts pour réussir, car elles nourrissent notre élan. Mais parfois cela n’est pas suffisant, certaines choses étant plus difficiles que d’autres à atteindre. Si cela n’était qu’une question d’envie ou à contrario de se conformer à une obligation, nous agirions sans même nous poser de questions ou sans faire d’effort particulier, n’est-ce pas ? Pourquoi cela n’est t-il pas toujours si simple qu’on le souhaiterait et comment faire alors ?

Y a-t-il un bon moment pour agir ?

Tout d’abord, la question du moment pour s’engager sur ce chemin est souvent la première qui émerge : est-ce le « bon » moment, suis-je prêt ou prête pour cela ? Il n’y a pas nécessairement de bon moment en soi, mais plutôt d’un moment qui nous parait juste et propice pour changer ; ce qui nous décide souvent à vouloir sauter le pas, c’est soit une rupture dans notre équilibre émotionnel, physique, comme une atteinte à notre bien-être intérieur, ou bien l’envie d’améliorer quelque chose, d’aller vers un mieux-être : parfois il y a urgence parce que nous n’en pouvons juste plus, parfois nous avons plus de temps et nous pouvons anticiper et planifier.

S’interroger sur ses motivations

Ensuite, il est important de s’interroger sur les raisons pour lesquelles nous souhaitons atteindre ce résultat : Pourquoi ? et pour qui ? Le faisons-nous pour nous-même ou bien pour satisfaire le désir de l’autre ? Dans le premier cas, nous avons tout intérêt à vérifier pour nous-même si ce que nous imaginons vouloir atteindre nous apportera du mieux-être intérieur, bref plus de calme et de sérénité tout simplement. Sinon, quel intérêt ? A l’inverse si nous le faisons avant tout pour autrui, il est important d’évaluer pour soi si le fait de satisfaire l’autre ne nous dessert pas, mais au contraire nous apporte aussi du mieux et nous en quelque sorte « grandir ». 

Déjouer les obstacles ou trouver des ressources en s’aidant du lien corps-esprit

Dans tout changement, les équilibres se déplacent à l’extérieur de nous (la situation, les conditions, les autres, notre positionnement..) comme à l’intérieur de nous (comportement, ressentis, émotions, dynamique de nos relations). Cela peut s’opérer de manière bénéfique et c’est tant mieux, parfois de manière plus stressante ou déstabilisante. On peut être sujet à des émotions inconfortables (peur, colère, tristesse…) qui nous empêchent d’évoluer sereinement. De plus, nos croyances limitantes (manque d’estime de soi par exemple) comme nos habitudes de vie forment parallèlement un rempart au changement, car changer engendre nécessairement de l’incertitude et notre Ego n’aime pas du tout cela, lui qui aime tant être dans le contrôle et la maitrise pour réduire justement l’incertitude ! C’est là qu’arrive la zone de turbulences en quelque sorte…

Penser qu’agir uniquement sur son mental suffirait, en s’imposant de faire ou d’être autrement parce qu’on l’a simplement décidé, passer « en force », revêt une forme de contrôle (contrainte) et potentiellement un piège de l’Ego (tomber dans la toute-puissance…). Ce serait oublier qu’il existe des limites (émotionnelles, physiques) à toute chose et que notre corps a sa propre logique dans l’affaire. Notamment le rôle de nous protéger, si l’on va à l’encontre de ces principes, en activant parfois des résistances psychiques ou physiques, créant des tensions en nous et avec les autres, donc potentiellement des douleurs physiques voire des psycho-somatisations (1). Comme un moyen, même si cela peut paraître paradoxal, de nous freiner dans l’action ou d’éviter de dire, de faire quelque chose qui ne serait pas totalement juste pour nous, de nous faire prendre conscience finalement qu’il faut procéder différemment ou que ce n’est pas le moment. Tout cela dépasse l’aspect purement rationnel des choses : notre corps est en fait toujours un allié inconscient autant lorsqu’il joue un rôle d’arbitre ou d’alerteur quand ce n’est pas juste pour nous, que de facilitateur quand c’est bon pour nous. Pour sortir de cette impasse, il faut revenir aux besoins qui motivent notre élan et la manière de procéder, de les servir.

Allier le corps et l’esprit, entretenir ce dialogue intérieurement et être à l’écoute de Soi, en prenant en compte ses ressentis, est une clé fondamentale pour accueillir au mieux les changements à venir et agir pour son intérêt, son intégrité. S’adapter à ce qui évolue implique d’abord de savoir comment l’accueillir, d’accompagner le mouvement en lâchant-prise et d’apprendre à faire différemment en trouvant l’énergie pour cela. Ce qui demande non seulement de bonnes conditions d’apprentissage, une méthode et de la détente (on apprend difficilement sous l’emprise du stress).

Les conditions et le chemin pour y arriver

Quelles sont donc les conditions porteuses pour que nous puissions arriver là où nous voulons aller : conditions matérielles, physiques, psychologiques, émotionnelles ou relationnelles ? Qu’est-ce qui va faciliter ce chemin, cette aventure personnelle en quelque sorte ? Comment y arriver ? C’est là que l’apport d’une méthode est important, tel un chemin logique comme une sorte de « carte routière » nous guidant pas à pas dans cette expérience. Rien de forcément « mathématique » dans tout cela, néanmoins agir avec méthode permet de vérifier au fur et à mesure où l’on en est et si besoin « ajuster la barre ». Il s’agit de franchir des étapes, d’acquérir de l’expérience, de consolider des acquis, le tout avec le maximum de conscience.

C’est pour beaucoup une question d’apprentissage, surtout évidemment quand c’est la première fois. Pour puiser toute cette connaissance, certains vont lire des livres, des parutions ou bien assister à des conférences ou des séminaires, ou plus simplement si elles le peuvent demander conseil à des personnes ayant vécu des situations similaires. D’autres vont choisir de se faire aider et accompagner par un professionnel. L’important étant de choisir une voie qui garantisse de pouvoir agir vraiment avec le maximum de libre arbitre possible, de liberté de choix et d’être. 

Trouver du soutien en faisant alliance avec son corps

Le corps ayant un rôle prépondérant dans ces processus de changement, il est important de lui laisser une place de choix pour faciliter l’intégration des évolutions à venir.

Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez avancer de manière structurée, il est intéressant de s’orienter vers une approche ou une pratique mettant le corps en éveil et favorisant la conscience de soi (méthode Feldenkrais, sophrologie, par exemple).

Par contre, si les résistances sont fortes, les blocages importants et que vous êtes sujet à des troubles psychosomatiques, être accompagné.e et soutenu.e en somatothérapie, dans une approche psycho-corporelle est particulièrement efficace et aidant : pour clarifier tous ces aspects, identifier les racines des résistances, laisser un espace d’expression au corps et mieux écouter ses besoins, dépasser les obstacles comme ses croyances limitantes ou mieux accueillir ses émotions ; pour trouver les ressources intérieures et l’énergie pour se réaliser dans les meilleures conditions. Cela permet de mettre un maximum de chances de son côté pour atteindre son but. 

Et vous ? Quel est votre prochain défi ? Quels sont les obstacles à dépasser ? Quelles sont les bonnes conditions pour y arriver ? Qu’est-ce qui vous en empêche ?

Philippe Bien

Somatothérapeute

Méthode de la Relation d’Aide par le Toucher ®

Prise de conscience par le mouvement (méthode Feldenkrais™)

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Les techniques et méthodes présentées dans cette publication s’inscrivent dans le cadre d’une démarche de mieux-être, à l’exclusion de tout objectif médical ou paramédical. Elles ne dispensent en aucun cas de consulter un professionnel de santé chaque fois que cela est nécessaire.

© Inamovemento – 2019

Crédit photo : W. Wong on unsplash

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